dimanche 25 janvier 2015

L’intolérable chemin de l’indigo maturé





AVERTISSEMENT

Cette publication est l’extrait d’un livre encore non publié dépourvu de tout son contexte. Le passage est public dans le but non pas de convaincre qui que ce soit mais bien pour rejoindre ceux qui ont un parcours semblable et ils sont plus nombreux que vous ne le pensez. Cet article exprime les multitudes déchirements intérieures que rencontre un être Indigo pourvu de facultés et qui se sent parachuté dans un monde différent à sa condition. Si vous n’avez rien d’un Indigo, vous avez là un regard privilégié d’un intérieure sensible. Consolidez un minimum de noblesse et n’en faîtes pas une affaire personnelle. C'est assez corsé, direct et non censuré, armez-vous donc d'une bonne dose d'autonomie spirituel...

En novembre 2011, j’ai décidé de mettre fin à tous travaux pour me consacrer à l’Alchimisation de musique inspirant l’auto-Guérison et la paix du cœur. Je venais alors de déposer les armes de cet interminable combat contre moi-même. J’ai ainsi confirmé mon intention de retrouver la fonction «ressenti» à son plus intense développement et de vivre en fonction des réalités du monde subtil. La logique et le cartésien n’étant devenus que des œillères obstruant la faculté de les percevoir.

Lorsque les mondes subtils influent intensément dans mon quotidien, c’est généralement pour me pousser à écrire un Processus. Parfois l’insistance est d’une telle intensité, qu’il me devient impossible de composer, d’orchestrer ou d’Alchimiser. Beaucoup de gens de mon entourage pense que je suis dédié à la musique. Ce n’est pas le cas. Je suis dédié à une forme d’onde issue de l’énergie universelle, rien d’autre. Ma vie est construite depuis plusieurs années sur la fondation des mondes subtils qui est devenu pour moi la réalité. Celle que la raison cartésienne rebute.

Il vous est surement arrivé de lire des caractéristiques vous ressemblant. Que ce soit par la numérologie,  par la simple astrologie, qu’elle soit ancienne, nouvelle ou chinoise. Il vous est surement arrivé de sourire en vous reconnaissant dans certains passages et même parfois d’être étonné de nombreux éléments recadrant bien votre quotidien. Mais soyons honnête, nous occultons toujours des passages incertains pour rehausser notre étonnement, pour enjoliver ou rendre plus convaincantes les quelques syncronicités. En réalité, personne ne saurait définir notre authenticité précise et l’écrire à l’avance sans que le prophète de service ne sonde la totalité de ce que nous sommes individuellement dans notre personnalité. La seule vrai réaction significative devrait plutôt ressembler à celle d’un poussin qui aurait été élevé par une chatte. Alors qu’un jour, le petit canard se voit dans un miroir parmi les autres chatons pour découvrir soudainement l’effroyable et éternelle réalité de sa différence flagrante.

Il y a quelques années, je suis arrivé sur les 18 caractéristiques des enfants Indigo. Je n’ai pas souris, je n’ai pas été ébahis, je n’ai pas eu envie ni d’enjoliver, ni d’occulté. J’ai plutôt été dramatiquement révolté. Comment était-il possible qu’une personne qui ne m’a jamais parlé, qui ne m’a jamais rencontré et qui ne m’a jamais connu ni de l’intérieur, ni de l’extérieur pouvait-elle écrire un texte de trois pages sans défaillir le moindrement sur la description d’un «Je suis» aussi précis?  Je venais de découvrir une race. J’ai sacré pendant 2 jours à cracher les moments de toute ma vie où j’ai atténué ma différence. Une race parachutée dans un monde ou la logique cartésienne emprunte un long et laborieux labyrinthe qui est adopté comme base de survie. Cette donnée allait apporter un tournant dans ma destinée.

Aujourd’hui, c’est justement cette différence pleinement reconnu qui devient la force de mon existence tout comme Sanson reconnaissait la sienne dans le mystère de ces cheveux. Les caractéristiques Indigos coupées de l’existence d’un être Indigo peut le réduire à un vulgaire dépotoir humain. Il peut passer des années à se battre avec l’image et la reconnaissance superficielle que lui propose la société. Il peut s’enfarger des nombreuses fois et dans de nombreuses conditions avant de découvrir sa réelle nature.

Mais des caractéristiques ça repoussent et un jour, ça va ébranler les colonnes structurelles des croyances qui lui ont été imposé contre son gré. Les racines des caractéristiques Indigos sont inaltérables et elles le sont pour une raison précise. Elles sont la nature même de l’esprit dont la constitution est immuable et les Indigos en sont simplement assez près ou en processus de basculer vers celui-ci. La reconnaissance des plans subtils sont pour eux une réalité plus évidente que cette matière qui n’est finalement, que très futile.

Les Indigos qui n’ont pas pris conscience de leurs différences, ont conscience de ces connaissances et sont en colère en permanence que ces évidences ne soit pas perçus par les divers communautés de ce plan. Comble de frustration pour eux, les mots ne sont pas toujours accessibles du langage de l’esprit à celui de la matière pour en traduire la profondeur et l’immensité.

Ils ne savent pas comment transmettre ces évidences (pour eux) dans ces corps à générés des distractions. À ce peuple embourbé de mal être qui les vois comme des êtres non pas différents mais comme des créatures à modifier pour rendre comme la majorité endormie dans la distraction. Toutes les théories médicales, les hypothèses psychologiques jusqu’aux spéculations spirituels sont régurgitées sur eux avec empressement pour dissimuler l’intolérable inconfort que suscite leurs différences. C’est dans ces incohérences qu’ils apprendront lentement à reconstituer leur nature. Ils sont en quête de devenir des Indigos maturés.


Les indigo maturés

Les indigos maturés ne sont rien d’autres que des humains passés entièrement du côté de la conscience féminine. On peut dire que pour eux, l’attitude rationnelle s’est suffisamment flétrie pour laisser paraître la réalité des mondes subtils, rendant ainsi absurde le cartésien comme base de vie quotidienne. Ils finissent par se rendre compte au cours de leur vie ici, que le rationnel est un détour aberrant où le chaos est complice de l’égo. Un labyrinthe exténuant privant l’être de son essence la plus précieuse. Un Indigo maturé qui a basculé vers son esprit, n’est finalement qu’un être qui vibre par le ressenti et au service de celui-ci. Son quotidien est déterminé uniquement par le subtil. C’est sa seule source et sa seule science. Nos sociétés ne sont pas encore construites avec ce schéma d’évolution et le clash est assez brutal autant pour les Indigos que pour leur entourage essoufflé de supporter l’obligation de surveiller l’inadéquat de ces êtres imprévisibles qui ébranlent les politesses dissonantes et renvoient les créateurs à leur chaos.

Donnez un pouce de matière à un Indigo maturé et il va en soutirer 1000. C’est pour ça que certains ont peu besoin de mouvement car ils peuvent facilement faire un voyage fabuleux à l’intérieur d’un seul petit fragment pour en extirper l’impossible.


Sommes-nous tous Indigos?

La conscience ou l’esprit le sont. C’est probablement le plus grand pas d’évolution que feront les êtres de ce plan. Ils ne resteront pas dans le cartésien comme base de vie quotidienne car s’ils le font, ils le feront tout simplement jusqu’à l’extinction. Notre monde malgré tout se transforme dans tous les domaines. La physique quantique se rapproche beaucoup de la conscience Indigo. Elle lui ressemble. Les personnes explorant cette science font preuve d’une ouverture, d’une observation sensible et développe une conscience plus près de l’intuitif que du cartésien. Ils n’ont plus le choix. Même s’ils ne l’avoueront pas, ils sont beaucoup plus passionnés de leurs découvertes déroutantes que de paraître d’une bonne rigueur empirique.

Le devenir est donc de style Indigo. Nous nous rapprochons graduellement de la conscience de l’esprit et le seul mur qu’il nous reste à franchir est de reconnaître notre spécialité pour la distraction. Nous pouvons affirmer que la seule raison de maintenir cette attitude est d’éviter de ressentir la honte… Celle d’avoir consacré sa vie et celle des autres, à un schéma périmé. De plus en plus, nous découvrons que d’engager le silence pour soutirer à la source universelle le prochain mouvement à accomplir est destructeur de tous les chaos du monde.


Avant de basculer

Nous pouvons affirmer qu’il y’a deux émergences d’êtres indigo. Celui atterri dans une terre plus fertile à sa condition et celui qui est parachuté dans une terre aride à ce qu’il est. Les deux cas ont leurs secrets qui n’appartiennent qu’à la richesse de leur esprit. Certains Indigos sont de simple diamant discret qui ont eu une vie plus légère dans un milieu plus adapté à leur univers. Ils pourront naturellement émaner leur faculté invisible qui sera facilement reconnu par un indigo maturé. Mais pour ceux parachutés dans un environnement hostile à leur condition, le tiraillement les attend. Ils ont une force à développer. Une nature noble et inébranlable à retrouver.

Leur plus grand défi sera de refuser la perversité pour tenter de guérir celle qu’on leur a fait subir. Qu’il soit artistique, doté de facultés ou des deux, l’Indigo porteur sera guidé par les mondes subtils. Il vivra plusieurs combat contre lui-même en résistant à son don car celui-ci le rends différent et c’est justement cette marginalité qui l’a fait souffrir. Mais le chemin de l’indigo ressemble à un film où celui qui détient le rôle principal aura à faire preuve d’un grand courage pour aller à l’encontre de son désir d’être accepté pour rester humblement au service de l’humanité. S’il est artistique, il visera parfois la perfection que propose la société au service du paraître mais il videra ainsi sa création de son empreint initial qui était pourtant pourvu de pur Guérison. Plus un indigo dispose de facultés génératrices à élever l’humanité vers l’esprit, plus il aura à affronter en lui de vils personnages et au tour de lui des situations pour faire émerger noblement ce à quoi il est destinée. L’indigo qui a grandi dans cette civilisation sera tellement marginal et marginalisé qu’il empruntera des rôles à la société en reniant souvent sa différence. Il le fera pour moins souffrir. Il consommera le chaos à outrance en l’attirant ou en le créant presque volontairement. Il dépérira ainsi jusqu’à ce qu’une séries d’évènements et de petits miracles se manifestent dans sa vie pour atténuer son amnésie. Comme sa blessure est issue du désir de se faire accepter, il tentera de repousser publiquement sa nature spirituelle tout en recherchant silencieusement une reconnaissance biaisée. Il essaiera de contrôler les éléments au tour de lui pour éviter d’être perçu dans sa pleine nature spirituelle. Il tentera d’utiliser sa capacité pour soutirer l’admiration mais l’image créée s’écroulera continuellement comme un château de carte. L’indigo ne réussira jamais dans cette expérience déloyale. Cette voie lui sera toujours refusée car cette tentative est contraire à la source universelle qui demande à ce que l’INTENTION demeure uniquement (et rien d’autre) au service de l’humanité. Il est trop près de l’esprit pour maintenir cette imposture. Pour l’indigo en processus de maturation, les syncronicités deviendront intolérables à soutenir malgré ces nombreuses tentatives de les anesthésier.

Un indigo artistique ne réussira pas librement sa créativité s‘il réfute le moindrement son identité relié à l’esprit. S’il persiste à déployer ces facultés pour rassasier ces désirs plutôt que de les maintenir au service de l’humanité, l’effet de retour le rendra amer et acide de l’intérieure sans qu’il ne comprenne pourquoi. Il n’a pas le privilège comme les autres humains de pavaner des années dans une façade fabriqué par les standards de la société. L’évolution des Indigos maturés arriveront bientôt à marcher parmi ces mondes fabriqués tout en réussissant le tour de force de conserver leur intégrité comme le font plus naturellement les enfants dit Crystal, Arc-en-Ciel ou Platine. Mais uniquement lorsque leur volonté aura été durement mise à l’épreuve. Ils deviendront incorruptibles ni par l’argent, ni par la reconnaissance, ni par l’admiration ou l’image. Plus il retournera noblement et avec humilité vers sa passion ou sa faculté, plus il recontactera la nature de son esprit, plus le clash de sa propre incohérence sera insupportable. Ce qui fera que certains suicideront leur passion ou tenterons de le faire. Il pourrait aussi tenter d’éviter de mettre en œuvre sa faculté, de réduire l’importance de ce qu’il réussit, de le retarder, de le diminuer.  Encore pire, il videra son œuvre de sa délicate essence créative initiale en délaissant la raison indigène de son inspiration. Il tentera de souiller sa créativité qui initialement, était pourtant vulnérable mais empreint de pur Libération. D’autres choisiront de la garder trop longtemps caché, secrète et inaccessible...

Étrangement, un indigo non maturé portera également en lui la peur d’être associé à ce qui est trop spirituel mais tout en le désirant secrètement. En reniant sa nature spirituelle comme par coïncidence, l’indigo sera entouré de personnes qui porteront un regard sévère sur ce qui doit être ou pas. Il cherchera des compromis. Notamment aux yeux de sa famille et de ces amis d’enfances. Pourtant, ils sont justement ici pour réapprendre à rester au service de l’humanité tout en conservant leur passion intacte. L’indigo doté de faculté de Guérison ne pourra simplement pas survivre dans le modèle cartésien qu’offre la société pour épanouir sa créativité. Ce modèle est construit sur le paraître et il ne pourra le suivre sans assassiner tous les œufs de sa création. Celle-ci est condamnée à rester en priorité intact de son essence initiale. Plus l’inconscience et le jugement de leur entourage est grand, plus le défi sera laborieux et courageux pour qu’ils arrivent à déclarer leur aptitude entièrement d’intention spirituel et au service de l’humanité.

Mais lorsqu’ils y arriveront, ils ne négocieront plus jamais avec quiconque ni avec aucune partie d’eux-mêmes de leur nature extrêmement relié à l’esprit. Ils commenceront à éprouver une aversion pour ce qui jadis était leur plat inavoué : le chaos.


À ce moment, ils n’auront plus besoin de paraître un humain dans une société distraite des mondes subtils. Ils provoqueront eux-mêmes un clash éprouvant pour ceux qui les observent et seront de nobles porteurs malgré les commérages infects. Ils éclateront au grand jour et plus jamais ils n’hésiteront dans leur spiritualité. Ils ne toléreront plus de blesser la patience que leur esprit a eu la noblesse de leur accorder. Ils seront enfin des esprits libres et heureux de créer.

– Jean-Bruno Gagnon
Alchimiste en musique inspirant l’Auto-Guérison


dimanche 18 janvier 2015

Je suis mort dans une rivière – Message à l’humanité

Il y’a une quinzaine d’année (j’avais environ 35 ans) nous nous sommes rendus à la chute de Ste-Agathe de Lotbinière. Ce site offrait plusieurs options pour les différents baigneurs. Du plongeon en hauteur à la simple petite baignade dans des secteurs tranquilles du courant de cette rivière. Après quelque temps avec ma copine et notre petit au bord d’un bassin faisant office de plage, je me suis rendu en sautant d’une pierre à l’autre à ce qui est appelé la grande marmite. Après y avoir vu quelques fous courageux s’élancer de la grande falaise, je m’y suis baigné un peu pour ensuite faire le chemin du retour par un de mes jeux préféré qui consistait à me laisser porter assis sur le courant en dirigeant mes pieds par les ouvertures entre les pierres. Je dois vous dire que j’avais l’habitude de ce jeu mais dans une tout autre rivière plus petite près de chez mes parents. Le courant de la chute de Ste-Agathe était cependant assez changeant, parfois d'une intensité telle que l'accès n'était pas possible. Ce jour là, elle me semblait correcte quoi que, un peu plus élevé que d'habitude. Ce qui m,enchantait. Je m'élançais donc vers l'aventure qui me permettait de revivre ces bons moments de plaisir que je retrouvais dans ma jeunesse à me laisser porter vers de petits inconnus.


 Je dois vous informer ici qu’à chaque été, il y avait des morts déclarés survenu sur ce site. À ce moment, je les attribuais davantage aux sauts des plongeurs. Ma version c’est modifié depuis, vous me voyez venir. Pour ne pas perdre l’intention du partage et pour que mon attitude ne vous semble pas trop invraisemblable, il est nécessaire de pressentir d’abord mon esprit.

À cette époque, j’avais acquis viscéralement la conviction que mon cheminement sur ce plan était pour accomplir mon évolution et d’en finir avec l’éternel cycle de recommencement.  Il me suffisait d’avoir le courage de le décider. Tout ce qui me séparait de cette évolution était la décision de mon ascension en accueillant le chemin tracé par ma conscience. Tout ce qui allait se trouver devant moi était le nécessaire pour m’accomplir dans la totalité. Donc, la continuité et la conscience est devenue ma seconde nature. Cependant, il y a une différence entre le penser, en avoir l’intention, le décider à tout jamais et le vivre pleinement. Et la différence ne peut pas être mesurée en s’imaginant quoi faire dans des situations quelconques. Elle ne peut être validée que par un vécu inattendu et spontané. Et ce moment s’est manifesté pour moi. Continuons le récit.

Je me trouvais donc à glisser entre les passages de ce courant. Suite à une manœuvre un peu raté, je me retrouvai inversé par un tourbillon. Plutôt que d’avoir mes pieds devant, j’étais dorénavant sur le dos et la tête vers l’avant du courant. Comble de situation, le prochain passage était juste devant moi, même pas le temps de me retourner car j’étais déjà engagé par la force du courant dans le passage suivant. J’étais donc sur le dos la tête la première me dirigeant je ne sais trop où. Le passage entre deux pierres est d’une puissance inimaginable. Tout le poids de la rivière se trouve dans ce mince passage entre deux massifs. Mon réflexe dans la situation, fut de décrisper mon désir de relever la tête par peur de me la fracasser sur un rocher derrière moi. Je pris alors une décision qui me surprit. Je décidai de me détendre au maximum et de m’abandonner totalement aux aléas du courant acceptant même de projeter davantage ma tête vers le courant. J’arrivai à passer fluidement la première porte et la seconde était à peine quelques pieds plus loin, aucune possibilité de me retourner étant donné la puissance du courant dans ces espaces restreint. Je ne contrôlais plus rien.


Rencontre avec un destin

Là, il se produisit une chose absolument inattendue. Sous l’eau (et sous moi) il y avait une pierre que l’on peut imaginer en forme de pyramide saillante. Cette pierre se trouvait environ 1 pied après la porte. Sa pointe ramassa la bordure de mon costume de bain (cordon inclus). Le temps de le dire, je me retrouvais les jambes en l’air, la tête sous l’eau et tous le poids de la rivière dans le dos, coincé ainsi pour l’éternité.

Les milliers de litre d’eau avaient maintenant un nouvel élément de résistance avec lequel s’amuser. Il était donc impossible de reculer pour déprendre la bordure de mon costume. Encore moins avec la tête en bas et les jambes repliées par-dessus. Pour la rivière, je n’étais qu’une vulgaire branche condamné à l’immobilisme et que seule la décomposition ou les glaces du printemps s’occuperaient de dissoudre pour la libérer un de ces jours. Le poids de l’eau dans mon dos était inimaginable. La bordure et le cordon me serraient le ventre et la taille. J’ai soufflé tranquillement de l’air par mes narines car moi, quand j’ai la tête en bas sous l’eau, ça me rentre dans le nez et ça fait très mal dans ma tête. Dans cette position absurde, ma vibre personnelle n’a aucunement changé. Est-ce que ma vie se terminait ici dans cette rivière de Lotbinière? «Non, pas venue pour ça, je suis ici pour réaliser le chemin de mon évolution» Dans un calme absolu, je me posais alors la question «Mais qu’est-ce que c’est donc cette expérience? Que vient-elle faire dans ma vie?» J’étais intrigué par l’étonnante situation que je venais de me créer. Jamais la peur n’a eu le temps de concrétiser quoi que ce soit en moi et ce n’est pas par négation car je connais fort bien la différence. Cette décision viscérale extrêmement ancré en moi a permis, je le sais, à poursuivre le cours de ma vie. Car ma conviction (et je trouve le mot trop faible) n’a laissez aucune place à la panique qui aurait dû être l’état animal de la majorité dans une telle situation.


Autant le lâcher-prise fluide et le rappel que je suis en condition d’expérienceur ont contribué à façonner ma réalité. Car la peur et la panique auraient créé une toute autre fiction. Il est certain que j’avais à faire avec un élément non négociable. Je ne pouvais ni argumenter ou faire fuir un agresseur. Le fait de rester impassible m’a aidé à visionner de meilleurs solutions et d’avoir une meilleure conscience de l’environnement. En toute situation, c’est la peur qui dégrade l’expérience jusqu’à la mort. Sans la peur, notre réalité tend à obéir à ce qui est émané. Et là, la seule chose que j’émanais, s’était l’étonnement de ma situation créée et l’occasion que j’avais d’être confronté à mes convictions.  Pas un seul instant après, je n’ai eu à négocier avec une crainte quelconque. Mon esprit, ma conscience évoluée a pris la relève à l’animal biologique dont les deux seules options existantes sont l’immobilisme ou la panique.


Résonnance

Comment suis-je parvenu à sortir de la situation? C’est un peu plus secondaire mais allons-y. J’ai poussé comme j’ai pu dans la même direction du courant dans l’idée de casser le cordon de mon costume. Je me disais que j’aurais plus de jeu ainsi. Les deux premiers essais non sans douleur au pourtour, ne fonctionnèrent pas. Je sentis le cordon se briser au troisième. Il n’était pas possible de tordre mes bras pour essayer de le déprendre mais j’ai tenté au moins de me retourner car la quantité d’air que je pouvais expirer par le nez ne me semblait pas trop éternel. Déjà, j’étais rendu de côté mais la torsion créée par la manœuvre renfonçait la bordure dans ma taille. Je continuais la torsion et l’étirement à 180° pour finir à genou, la tête au-dessus de l’eau mais toujours avec la puissance et le poids de la rivière dans mon dos. Dans cette position et en essayant de tourner un peu le bassin, j’arrivai à dégager après quelques tentatives mon costume de bain de l’emprise éternelle. Je peux vous dire à quel point mon nouveau costume de bain était maintenant ajusté pour la taille d’un éléphant. Je devais nager d’une main et tenir le parachute de l’autre. Ma promenade du courant, je la continuerai en marchant au bord de la rivière. J’étais très étonné de constater après mon dégagement à quel point mes bras étaient épuisés. Je n’avais pourtant pas eu l’impression de leur avoir demandé un si grand effort. Il y avait maintenant tout autour de mon bas-ventre une ligne bleu-rouge qui se transforma en un cercle de gale au fil des jours suivants.

Lorsque ma blonde me vis arriver tenant d’une main mon étrange costume dissimulant mal la lignée de rouge, elle pâlit tout en me demandant ce qu’il était arrivé. Je lui raconté vaguement mon aventure. Elle mit sa main sur mon épaule et dit «Mais ton corps tremble!». J’ai dû l’observer à mon tour pour m’en rendre compte. Effectivement, le corps animal lui, était dans une après-panique mais ma conscience dans laquelle j’avais accès, était dans un calme absolu. Je lui dis que j’allais de ce pas faire une séance de souffle. Un genre de technique que j’ai développé au fil du temps. Cette séance fut très impressionnante par sa puissance. Je soutire beaucoup de connaissance et de reconnaissance pour cette expérience. J’ai le sentiment que cette situation correspond à la fin d’une vie passé où je n’ai pas su dépasser le moment présent et que j’ai de nouveau été confronté à la situation. En l’abordant, bien sûr dans une tout autre attitude…


Message à l’humanité

Je publie cette histoire parce que le temps est peut-être venu pour notre humanité de passer à un autre niveau que celui et des croyances et des religions. D’autres personnes ont vécus des situations similaires à la mienne. De façon différente mais en relayant la peur à un niveau inférieur à ces propres déterminations. Cette attitude n’est pas obligée d’être réservé à quelques érudits initiés. Le temps est peut-être arrivé de se l’offrir collectivement. De mettre fin aux stratagèmes arriérés d’immobilisme ou de panique réservé à l’animal biologique. Nous pouvons tous avoir accès à notre conscience et à notre décision d’évolution dans cette vie-ci. C’est une détermination que nous avons la liberté de choisir et que rien ni personne ne peut nous déposséder. Mise à part nos croyances qui nous emprisonnent dans une réalité bien différente. Il est peut-être temps de laisser les prophètes et ceux qui n’ont pas survécus dans leur immatérialité et d’honorer la capacité de chacun d’évoluer dans cette matière.
- Jean-Bruno Gagnon